Les techniques passives de maîtrise des températures sont aujourd’hui largement sous-utilisées dans les bâtiments tertiaires, et des erreurs de conception des bâtiments conduisent souvent à des surchauffes très inconfortables pour les occupants. L’attitude la plus fréquente consiste à compenser ces erreurs de conception par une climatisation classique.

Le projet "Promotion de la climatisation solaire" souhaite promouvoir une approche différente : la climatisation, même solaire, ne devrait être envisagée qu’après avoir optimisé la maîtrise passive des températures. Les outils de diffusion de la climatisation solaire prévus dans "Promotion de la climatisation solaire" devront donc tous intégrer un « rappel » de ces techniques passives ou semi-passives de maîtrise des températures.

Ces techniques concernent :
• la conception du bâtiment
• la gestion du bâtiment

Elles visent à :
• minimiser les apports de chaleur internes et externes
• évacuer les apports de chaleur

Pour cela, on optimise :

les apports internes
orientation du bâtiment
et des ouvertures

les espaces extérieurs
les protections solaires
l’isolation
inertie thermique
la ventilation



Les apports internes

Les apports internes dans le tertiaire concernent essentiellement :
• les occupants
• le matériel bureautique
• l’éclairage
• les autres équipements électriques (machines diverses)

Lorsque les températures extérieures sont supérieures aux températures intérieures, l’évacuation des apports internes de chaleur est difficile sans climatisation, et énergétiquement coûteux avec climatisation. Il faut donc chercher à les minimiser par l’utilisation d’équipements performants du point de vue énergétique :
• matériel bureautique à faible consommation
• éclairage basse consommation
• équipements performants.


L’orientation

L’orientation du bâtiment et des surfaces vitrées doit tenir compte de différents paramètres :
• La course du soleil est très différente en hiver et en été sous nos latitudes
• Les rayonnements perpendiculaires aux vitrages pénètrent dans le bâtiment
• Les rayonnements presque parallèles au vitrage sont réfléchis.

Si on analyse les apports solaires globaux (directs + diffus) transmis à travers un vitrage vertical en fonction de l ’orientation, pour une latitude 45°, pour les différents mois de l’année, on obtient les résultats suivants :

• Les ouvertures nord minimisent les apports solaires en été, mais aussi en hiver. Elles ne captent pratiquement que le rayonnement diffus.
• Les ouvertures est et ouest conduisent à des apports solaires d’été très élevés. Les ouvertures ouest sont particulièrement à éviter, car les apports ont lieu dans l’après-midi, lorsque les températures extérieures et intérieures sont les plus fortes.
• Les ouvertures sud conduisent à des apports solaires d’été limités, alors que les apports en période de chauffe sont intéressants. Cette configuration peut encore être améliorée par des protections de type casquette.


Les espaces extérieurs

Les espaces extérieurs peuvent être traités pour atténuer les contraintes climatiques et créer un microclimat autour des bâtiments.

Les protections solaires des parois vitrées

Suivant l’orientation des ouvertures, différentes protections, fixes ou mobiles, de préférences extérieures, peuvent être utilisées :




Les protections solaires des parois opaques

L’isolation

Une bonne isolation des parois opaques et des surfaces vitrées (double vitrage performant) est fondamentale non seulement en hiver pour éviter les pertes thermiques, mais aussi en été pour éviter les apports externes par conduction.

Pour obtenir une isolation identique avec des matériaux différents, il faut les épaisseurs suivantes :




L’inertie thermique

L’inertie thermique d’un bâtiment mesure sa capacité à emmagasiner de la chaleur pour une faible élévation de température.
Dans un bâtiment à faible inertie, un apport de chaleur externe ou interne va conduire à une forte élévation de température. Le même apport dans un bâtiment à forte inertie conduira à une élévation de température plus faible (diffusion de la chaleur dans les parois lourdes)


Une forte inertie est donc caractérisée par des matériaux lourds à l’intérieur de l’enveloppe isolante.




La ventilation

Le brassage d’air (sans renouvellement), par ventilateur au plafond au directionnel, ne permet pas d’évacuer la chaleur emmagasinée dans le bâtiment. Par contre, elle favorise les transferts thermiques par convection et par évaporation sur la peau, ce qui augmente la sensation de confort.

Un renouvellement d’air minimum est imposé pour des considérations hygiéniques. Lorsque l’air extérieur est plus chaud que l’air intérieur, il faut limiter le renouvellement d’air aux valeurs réglementaires. On peut aussi utiliser la fraîcheur du sous-sol pour faire pénétrer un air plus frais (technique du puit provencal) :

Lorsque l’air extérieur est plus frais que l’air intérieur (ce qui est souvent le cas la nuit), on va évacuer la chaleur emmagasinée en journée dans le bâtiment par une sur-ventilation nocturne. Cette sur-ventilation associée à une forte inertie thermique du bâtiment va « stocker » la fraîcheur pour la journée suivante.

La ventilation peut-être naturelle ou mécanique.
• Une bonne position des ouvertures (facades au vent et sous le vent) permet une ventilation traversante efficace.
• Une VMC classique (renouvellement de 0.5 à 1 volume/heure) est insuffisante pour un rafraîchissement significatif. Celui-ci nécessite de 5 à 10 volumes/heure, soit un sur-dimentionnement des équipements de ventilation (qui conduit cependant à une consommation énergétique bien plus réduite qu’une climatisation classique).





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